Tranche de vie / Retazo de vida (2)

Publié le par Stage immigration cadiz

Aujourd'hui j'ai assisté à mon premier atelier interculturel organisé par l'association dans un collège. Le but de cet atelier était de faire découvrir aux élèves (entre 14 et 16 ans) les diverses expériences que peuvent connaître une personne qui décide d'immigrer. Il y avait plusieurs groupes, et dans chacun de ces groupes, une personne d'une nationalité différente qui racontait son histoire: une uruguayenne, un marocain, un colombien et une sénégalaise. 

J'ai pu écouter le témoignage de l'uruguayenne, la quarantaine, qui vit en Espagne depuis maintenant 8 ans. Elle commence par situer aux adolescents où se trouve géographiquement son pays, en expliquant qu'il y a des liens très forts avec la culture argentine. Elle raconte aussi que c'est un pays qui possède une "terre très fertile, de la bonne viande, et beaucoup de produits artisanaux", en rajoutant "qu'il y faisait bon vivre", et que jamais elle n'avait projeté de le quitter, même si financièrement avec son emploi de fonctionnaire, les fins de mois étaient difficiles. 

Pourquoi être partie alors ?

Une crise économique et bancaire toucha le pays en 2002. Elle insiste sur le fait ''qu'elle était mille fois pire que la crise actuelle", que les gens se sont retrouvés du jour au lendemain sans possibilités de retirer de l'argent, et étaient obligés de saccager les supermarchés pour pouvoir survivre. "Les jeunes, les mères et les grands-parents des quartiers défavorisés de Montevideo étaient obligés d'attaquer les commerces et les supermarchés pour pouvoir se nourrir [...] tout en essayant d'échapper à la répression de la police."

En voyant la situation sociale se dégrader, elle a pris peur pour ses enfants, qu'elle ne voulait pas voir dans la rue mourant de faim. Elle décida alors de tout quitter et de partir en Espagne. ''J'ai dû tout vendre ce que j'avais : des meubles, jusqu'aux jouets des enfants. Pour trois personnes, les billets revenaient à 3000 euros. Là-bas peu de monde peut se permettre de dépenser une telle somme. Mais il s'agissait de survivre, il fallait qu'on parte, je voulais un autre avenir pour mes enfants.'' Elle ajoute : ''je ne savais même pas si une fois arrivés en Espagne on allait nous laisser passer. J'ai joué toute ma vie à ce moment là. Soit on nous laissait rentrer sur le territoire, soit je devais repartir en Uruguay avec mes enfants sans avoir plus aucune ressource puisque tout a été dépensé dans les billets d'avion."

Elle raconte d'autre part que jamais elle ne regrettera ce qu'elle a fait. Elle voit ses enfants heureux, et c'est ce qui lui semble le plus important à ses yeux. En lui demandant si elle était déjà retournée en Uruguay depuis son arrivée, elle m'explique que non, que cela fait 8 ans qu'elle n'est pas rentrée chez elle, et qu'elle n'a pas vu sa famille. ''J'aimerais bien que mes enfants connaissent leurs grands-parents, et surtout qu'ils connaissent leur pays d'origine. On n'a pas de repères familiaux ici, c'est dure parfois, mais je ne désespère pas de montrer un jour à mes enfants d'où ils viennent.'' 

La discussion se termine autour d'un maté qu'elle a ramené pour expliquer sa signification aux enfants. Il est certain qu'ils sont repartis avec un autre regard sur l'immigration : ils se seront rendus compte que finalement, une personne immigrée, ça n'est pas ce que l'on a bien voulu leur faire croire, que derrière chaque personne qui a entrepris de traverser mers, océans, déserts, se cache une histoire lourde de sens. 

 

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Hoy asisté a mi primer taller intercultural organizado por la asociacion en un instituto. El fin de ese taller era de hacer conocer a los alumnos (que tenían entre 14 y 16 años) las varias experiencias que pueden conocer una persona que decide de inmigrar. Había varios grupos en los cuales una persona de nacionalidad diferente contaba su historia : había una uruguaya, un marroquí, un colombiano y una senegalesa. 

Pude escuchar el testimonio de la mujer uruguaya, que tenia mas o menos cuarenta años, y que lleva 8 años en España. Empieza por situar a los chicos donde se ubica geográficamente su país, explicando los vinculos fuertes que hay con la cultura argentina. También, cuenta que es un pais que tiene "una tierra fertil, buena carne, y muchas artesanías" añadiendo"que la vida era buena", y que nunca se había proyectado marcharse, aunque con su empleo de funcionara los fines de meses eran duros.

Por qué marcharse ?

Una crisis económica y bancaria afectó el país en 2002. Insista en que "era mil veces mucho peor que la crisis actual'', que la gente se encontró de repente sin la posibilidad de sacar plata, y estaban obligados de saquear los supermercados para sobrevivir. ''Los jóvenes, las madres, y los abuelos de los barrios desfavorecidos de Mondevideo saquearon los comercios y los supermercados para poder comer [...] probando al mismo tiempo de escapar a la represión policial''.

Al ver la situación social empeorarse, temió por sus hijos, que no querría ver muriéndose de hambre en la calle. Decidió entonces dejar todo y de salir a España. ''Tuve que vender todo lo que yo tenia : de los muebles, hasta los juguetes de los niños. Para tres personas, los billetes costaban 3000 euros. Allá poca gente puede permitirse de gastar tanta plata. Pero se trataba de sobrevivir, teníamos que escaparnos, querría otro futuro para mis niños." Y añade : ''no sabia una vez llegados a España si iban a dejarnos pasar. Jugué toda mi vida a ese momento. O sea, nos dejaban entrar en el territorio, o yo tenia que volver con mis hijos a Uruguay sin tener ningún recurso ya que había vendido todo para comprar los billetes de avion".

Por otra parte, cuenta que no se arrepienta de lo que ha hecho. Ve sus hijos felices, y es lo que le parece más importante. Preguntándole si ya había vuelto a Uruguay desde su llegada,me explica que no, que hace 8 años que no ha vuelto a su casa y que no ha visto su familia. ''Me gustaría que mis hijos puedan ver a sus abuelos, y sobretodo que conozcan su país de origen. No tenemos referencias familiares acá, es duro a veces, pero no desespero de mostrarles algún día de donde vienen".

La charla se acaba alrededor de un maté, que trajo para explicar su significación a los alumnos. Es cierto que salieron del colegio con otra marida sobre la inmigración : se dieron cuenta al final que una persona inmigrante, no es al final lo que les hicieron creer, que detrás de cada persona que decidió cruzar mares, océanos, desiertos, se esconde una historia cargada de sentidos. 

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